martedì 20 Gennaio 2026

Le défi de la normalité

Se libérer de l'emprise de l'Esprit de la Gravité et de ses illusions !

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Le monde est en train de changer, et il le fait comme dans une comédie de boulevard, comme dans un film de Mel Brooks.
Je comprends parfaitement le désarroi que cela suscite.
Je comprends aussi ceux qui avancent péniblement dans la brume, éblouis par la lueur vacillante d’une hallucination exotique, quelle qu’en soit la forme.

Ce que je ne parviens pas à comprendre, en revanche, c’est comment cette hallucination, quelle qu’elle soit, peut les amener à avaler l’amère pilule de l’exaltation de tyrans orientaux, de mafieux, de gangsters de la finance, de tortionnaires, de réprimés sexuels imposant vêtements et mœurs, de bourreaux en série, de geôliers ignobles, de violeurs ou de mystificateurs de peuples entiers.

Cela vaut pour tous. On ne peut glorifier Trump et tout ce qui en découle sous le seul prétexte qu’il aurait capturé Maduro ; pas plus qu’on ne peut glorifier Maduro, avec l’ensemble de ses turpitudes, parce qu’il aurait été capturé par Trump.
L’hallucination s’est muée en un soutien binaire qui a figé les esprits.
On en vient à condamner des peuples entiers en lutte, en les taxant de « manipulés », ou à les délégitimer simplement parce que leurs représentants politiques nous déplaisent.

Lorsque les esprits étaient encore sains, cela n’arrivait pas. Personne n’hésitait à défendre Prague sous prétexte qu’il n’aimait pas Dubček, ni à revendiquer Trieste au motif que son retour à la Mère Patrie aurait été « géopolitiquement » mauvais.

Les prises de position dualistes sont le symptôme d’un malaise existentiel et d’une profonde confusion.
Une chose est de s’appuyer sur soi-même face à l’impérialisme, qu’il vienne de l’Est ou de l’Ouest ; une tout autre chose est de se transformer, par pur esprit de camp, non en Européens conscients de leur centralité, mais en « anti-occidentalistes », comme si l’Occident incarnait le Mal — un terme vétérotestamentaire et paléolithique — et que tout le reste devait être loué.
Comme si ceux qui vont à la rencontre de la mort face aux chars venus de l’Est, ou sous les coups de bourreaux « religieux » délirant au nom d’un dieu, étaient coupables de quelque chose.

A-t-on soutenu, jadis, la Révolution iranienne ? Peut-être à ses débuts, avant qu’elle ne se transforme en régime.
De même qu’en 1917 nombre de futurs fascistes applaudirent Lénine, avant qu’il ne fasse de la Russie un champ d’extermination.
Par la suite, pour toute personne de bonne foi, soutenir aujourd’hui un régime de ce type est devenu impossible.
Toute l’histoire politique de l’Iran depuis 1980 en apporte la preuve, et pas seulement dans sa dimension intérieure.

Il ne suffit pas d’être — ou de feindre d’être — hostile à Israël ou aux États-Unis pour leur être moralement supérieur.
Et cela suffit encore moins pour soutenir une telle canaille, parfois tout en parlant de « remigration » et en dénonçant la charia, ou, au nom du féminisme, en soutenant le régime iranien. Pourtant, ces contradictions coexistent bel et bien.


Ce sont là des signes de notre temps : les indices d’un véritable étourdissement et d’une incapacité à se situer, à être en accord avec soi-même.
Tout cela n’est que le fruit d’un malaise profond, d’une véritable « crise de correspondance » avec la réalité.
Elle est collective, non pas simplement terminale ou résiduelle, et s’étend à une large part de la comédie des politiciens.


Au-delà des formules, des proclamations et des bouffonneries, les puissances — réelles ou supposées — sont de plus en plus interconnectées et interdépendantes. Les anciennes formes de pouvoir déclinent ; les élites progressistes traversent une crise existentielle, et les populistes — à de rares et heureuses exceptions près — ne se portent guère mieux.

Les agitations théâtrales, et parfois sanglantes, de Trump ou de Poutine relèvent d’une tentative désespérée de restaurer un ordre désormais caduc. Certes, il ne s’agit pas de phénomènes identiques : le pari de Trump, qui finira à long terme par déboucher sur un compromis pragmatique, est productif à court terme pour les États-Unis, tandis que celui de Poutine se révèle plus désastreux pour la Russie que l’action de n’importe lequel de ses prédécesseurs. Mais ce n’est même pas cela qui est décisif.

Ce qui importe, c’est d’accepter le défi de la « normalité » — mot devenu aujourd’hui démesurément chargé — afin de régénérer notre société : à la fois en combattant le wokisme et ses dérives, et en retrouvant une volonté de puissance, mais dans notre conception millénaire de la Cité et de la Liberté.
Ce n’est nullement difficile : ce sont les réflexes conditionnés, dictés par le désespoir des inadaptés, qui donnent l’illusion du contraire.
Il faut de la légèreté ; il faut se libérer de l’esprit de gravité, lequel se manifeste aussi, et largement, dans le dogmatisme « irréductible » d’un engagement partisan vide et sans consistance.

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