domenica 25 Gennaio 2026

Ce qui paraît n’est pas réel, même si vous y croyez

Aujourd'hui, tout le monde se dispute pour rien

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L’hallucination dévore le réel.

Et pourtant, tous les effets de l’irruption du virtuel dans la sphère du réel ne sont pas négatifs. Il en existe aussi de positifs, que j’ai développés dans mon ouvrage Tu chiamala se vuoi rivoluzione paru tout récemment.

Parmi les effets négatifs figure la spectacularisation simpliste, hystérique et précipitée du récit.


Il convient cependant de rappeler que les récits du réel ont rarement coïncidé avec le réel lui-même

On s’est le plus souvent accommodé de scénarios déformés — voire franchement faux — dans lesquels les opinions publiques se sont engagées sans esprit critique (qu’il suffise de penser à la « guerre froide », pour n’en citer qu’un exemple). Les équilibres de pouvoir l’exigeaient.

Les avant-gardes politiques, de toute couleur et de toute position — au pouvoir comme dans l’opposition — savaient, elles, lire entre les lignes et s’extraire des rails sur lesquels avançait le train des banalités.
Aujourd’hui, il semble que cela ne soit plus le cas. Tous paraissent parfaitement distribués dans les rôles de l’affrontement infini entre marionnettes : « entre Arlequin et Polichinelle, on se distribue des coups, on se brise les os, tandis que Mangiafuoco encaisse à la caisse ». (1)

Ce qui décourage véritablement n’est pas seulement la participation émotionnelle et fanatique à des causes fictives, mais le fait que l’on parle désormais de Trump, de Poutine, de Zelensky ou de von der Leyen comme s’ils détenaient des pouvoirs absolus — des pouvoirs comparables à ces de Gengis Khan —,
comme s’il suffisait de les remplacer, ou même de les « convaincre », pour infléchir leurs intentions.

On ne se concentre presque jamais sur l’essentiel

les motivations concrètes qui tracent des lignes apparemment divergentes, divergence qui n’existe en réalité que dans les récits, et non dans les décisions.
Depuis la crise de 2008, qui a marqué un bouleversement global des équilibres et le déclenchement d’une nouvelle course aux ressources énergétiques, la ligne américaine s’est révélée largement continue, d’Obama à Biden, en passant par deux mandats de Trump.
La ligne russe, quant à elle, ne dépend pas des humeurs du parrain mafieux du Kremlin, mais d’un décalage saisissant entre les velléités de puissance, l’immensité physique et matérielle du territoire et l’inadéquation anthropologique et culturelle de la Russie à jouer un rôle de premier plan dans un monde complexe.

Aucun psychiatre ne pourra « guérir » Trump et/ou Poutine, car ils incarnent des tendances, en un certain sens, inévitables. Celles-ci pourraient certes s’exprimer de manière moins embarrassante, moins corleonesque, mais cela relève de l’esthétique et de l’élégance, non de la substance.

Imaginer des pouvoirs absolus entre les mains de ceux qui gèrent les équilibres entre dynamiques puissantes et pouvoirs réels constitue une erreur politique majeure. Une erreur qui se reflète également dans les choix du populisme terminal — à ne pas confondre avec le populisme réaliste, qui existe bel et bien.


En fantasmant

l’existence d’un roi à décapiter pour s’emparer du pouvoir, ou en croyant que la disparition de Soros entraînerait celle de la mondialisation, on engendre toutes les « réponses » grotesques et désastreuses des basses-cours marginales : de l’impression de monnaie de Monopoly aux Exit, jusqu’au conte du triomphe électoral qui confierait — on ne sait trop à qui, ni quel pouvoir absolu inexistant — la tâche de résoudre toutes nos frustrations quotidiennes.

Il est nécessaire de retrouver une intelligence qui refuse de se laisser enfermer dans des schémas binaires, qui ne se laisse pas hypnotiser par la superficialité et qui puisse — et doive — nous permettre de tracer et de suivre les lignes de nos destins autonomes et souverains.
Des destins qui ne sont pas souverainistes : le souverainisme est une superstructure qui, paradoxalement, progresse en sens inverse.
La souveraineté doit avant tout être reconquise en nous-mêmes. N’y parviendra pas celui qui se laisse emprisonner par les comédies hystériques de notre temps.

(1) C’est une phrase tirée d’une chanson d’Edoardo Bennato, présente dans une compilation consacrée à Pinocchio. Elle fait référence à la mise en scène de l’affrontement entre des marionnettes pendant que l’imprésario encaisse.

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