Home AltreLingue Les roses de Budapest

Les roses de Budapest

Que se passe-t-il en Hongrie ?

0

Je l’avais écrit avant les élections du dimanche 12 avril.
Je soutenais que la défaite d’Orbán ne serait pas un drame et que, bien au contraire, elle représentait une opportunité.
Essayons d’en mieux saisir le sens.

Nous ne pouvons pas savoir si Magyar sera à la hauteur de la tâche, ni quelle est la solidité de son caractère. Ne le connaissant pas, nous pouvons suspendre notre jugement et le reporter à l’épreuve des faits.

Pour l’instant, tenons-nous-en au programme du vainqueur

Il apparaît bien plus intéressant que celui du vaincu.
Doublement des fonds en faveur de la natalité, restrictions en matière de politique migratoire, refus — sauf dans des cas exceptionnels et dûment justifiés — du recours à une main-d’œuvre non européenne.
Ensuite : un parti des Hongrois, comme peuple et comme patrie, au-delà de la droite et de la gauche. (Cela vous rappelle-t-il quelque chose ?) Lutte contre la corruption et contre le système mafieux qui a installé des oligarques dans les autocraties libéro-soviétiques, là comme en Russie.
Positionnement central de Budapest entre l’Est et l’Ouest et pleine affirmation de l’identité européenne, sans aucune déférence à l’égard de Bruxelles.

Si ce sont des roses, elles fleuriront — mais en tous cas ce sont des roses.

Passons maintenant à l’explication de la victoire

de ce Premier ministre de quarante-cinq ans, qui a défié et balayé Orbán sur le terrain patriotique.
Magyar a mis l’accent sur la servilité de ce dernier à l’égard des puissances étrangères — en particulier de la Russie — ainsi que sur la corruption endémique d’un pays administré par trois familles d’oligarques.
Le message a porté : Tisza, le parti du challenger, a remporté plus des deux tiers des sièges et environ seize points d’avance sur celui d’Orbán, qui obtient moins de la moitié des élus du vainqueur. Troisième et dernier au Parlement, le Mouvement Notre Patrie, d’inspiration ethnonationaliste, qui, avec environ 6 %, décroche une poignée de députés.

Pourquoi Magyar a-t-il écrasé Orbán ?

Parce qu’il a su capter le sentiment d’indignation populaire face au servilisme du gouvernement envers l’impérialisme moscovite, et à l’offense qui en résulte pour la mémoire et le sentiment national.
Dans tous les meetings et toutes les manifestations, la foule reprenait sans relâche les slogans antirusses de 1956.

Pourquoi Orbán avait-il tenu jusque-là ?

Essentiellement pour deux raisons.
La première tient au fait que les élections précédentes se sont tenues peu après l’invasion russe de l’Ukraine, lorsque la position du dirigeant pouvait encore apparaître équilibrée et pragmatique. Mais, avec le temps, Orbán s’est de plus en plus affirmé comme un satrape de Moscou, une sorte de Loukachenko.
De plus, cette fois, il n’était pas affronté à un front globaliste, « woke » ou LGBT, mais à un front patriotique ; croire qu’il pouvait résister relevait au mieux de la naïveté.
Les ingérences étrangères répétées dans la campagne n’ont pas non plus joué en faveur du Premier ministre sortant. Le soutien de Moscou ne pouvait être qu’un baiser de la mort.
Mais il y a eu plus : en fin de campagne, il a reçu le soutien du vice-président américain Vance et du neveu de Netanyahou, alors même que le carnage au Moyen-Orient se poursuit.

Une carence dans la capacité d’analyse

Je fais référence à tous ceux qui — d’un côté comme de l’autre — ont observé la bataille électorale et le positionnement réel des acteurs en présence.

Pourquoi Orbán est-il à ce point soumis aux Russes, aux Américains, aux Israéliens et aux Chinois ?

Pour quiconque possède un minimum de culture historique et une connaissance des modes opératoires des acteurs en jeu, il n’était pas difficile de comprendre qu’après l’effondrement de l’URSS, l’appareil soviétique s’est déplacé avec une grande habileté sur le seul terrain où il excelle : celui du mensonge et de la subversion — et qu’il a su s’assurer la collaboration de divers réseaux « Stay Behind ».
Il fallait que tout change pour que rien ne change.
Ainsi, des responsables politiques positionnés au centre-gauche ont été soutenus, parmi lesquels Schröder, qui, de chancelier allemand, est ensuite devenu cadre chez Gazprom.
Mais — reprenant une stratégie déjà définie en 1957 — les appareils soviétiques ont également infiltré le populisme naissant, plaçant à la tête de partis improvisés des cadres formés au communisme et dotés de moyens, avec pour mission de les mettre sous tutelle.
Orbán, comme Merkel, ont paralysé les autonomies énergétiques nationales et soumis leurs pays à Moscou, allant jusqu’à renier ouvertement l’histoire de leurs propres peuples.
Dans le même temps — nous sommes en 1991 — les services russes ont envoyé divers « dissidents » entrer en contact avec les extrêmes droites. Parmi eux, Dougine et Limonov se sont imposés, qui ont au moins, contrairement à d’autres, le mérite d’être des agents de leur propre pays et non des serviteurs d’un autre.
Mention particulière à l’AfD, véritable dépotoir politique qui, après avoir laissé des nationaux-révolutionnaires allemands servir de paravent à une prétendue extrême droite, a opéré une synthèse entre l’École de Francfort et les appareils de la Stasi, devenant la quintessence de la dégénérescence. Un Mouvement Cinq Étoiles porté à sa puissance maximale.

Cette convergence effrontée de tous ceux qui n’aiment pas l’Europe

Si le Kremlin, la Maison-Blanche et la Knesset se sont retrouvés ensemble dans une tentative désespérée de sauver leur marionnette de Budapest, il devrait être clair — et d’ailleurs ILS le disent eux-mêmes, c’est nous qui refusons de l’entendre — qu’ils sont les ennemis de l’Europe et que le « souverainisme », tel que nous le nommons, constitue l’un des principaux instruments contre la souveraineté de nos peuples.

Cela ne devrait pas être difficile à comprendre. Le fait est que beaucoup refusent de voir.

Dans certains milieux, on « raisonne » désormais à coups de fétiches, de slogans préfabriqués, d’ignorance, de superficialité et de supposées corruptions qui, tour à tour, expliquent — avec les Soros de service — les cuisantes défaites des serviteurs de leurs maîtres.

Indépendamment de ce qui adviendra demain en Hongrie, le rejet populaire d’Orbán — massif, dans la rue comme dans les urnes — constitue une preuve claire et incontestable du sentiment partagé. Les sentiments peuvent être instrumentalisés, interprétés, déformés, mais ils ne naissent pas de rien.
Il n’est pas anodin que nos ennemis — de l’Est comme de l’Ouest — aient compris à temps et occupé avec une remarquable rapidité le terrain de ce populisme qu’ils voyaient poindre à l’horizon et qu’ils n’avaient certainement pas souhaité.
Ils ont tenté — avec succès — de l’utiliser contre lui-même.

Aujourd’hui, toutefois, ce « souverainisme » se fracture

et ce sont surtout des dirigeants âgés de quarante à cinquante ans — formés sur le terrain et non dans les écoles de cadres communistes ou des réseaux Stay Behind (qui, au fond, relèvent d’une même logique) — qui opèrent cette rupture dans un sens européen, insufflant un vent nouveau dans un espace politique accaparé dès l’origine par des agents et des serviteurs de puissances dominantes. Ces dernières perdent aujourd’hui du terrain et de l’influence — et c’est sans doute la meilleure nouvelle.

Ni Front Rouge ni Réaction !


Ni même ce Frankenstein qui combine les deux sous diverses formes, dont le mensonge « rouge-brun » et la confusion qui consiste à prendre des agents étrangers pour des dirigeants souverains.

Exit mobile version