domenica 16 Giugno 2024

Le poison des esclaves

Même style à Washington, Moscou et Tel Aviv

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Nous avons tous sous les yeux la propagande israélienne qui accompagne la boucherie de Gaza.

En substance, elle repose sur ces points :

  1. Les massacres et la barbarie du 7 octobre perpétrés par le Hamas n’ont aucune justification et on ne peut remettre en question aucun excès commis en réaction, si ce n’est que comme en les qualifiant de bavure vénielle. Peu importe qu’il s’agisse de civils, de femmes, de personnes âgées, d’enfants, assassinés, affamés, assoiffés, traqués et laissés sans soins de manière systématique et inhumaine.
    Rien à voir avec ce qui s’est passé le 7 octobre. Et ceux qui cherchent à expliquer le 7 octobre aussi par 76 ans de vexations n’en ont pas le droit car rien n’est comparable au 7 octobre.
  2. Israël défend les juifs victimes de discriminations et d’antisémitisme. Ceux qui critiquent le comportement israélien sont antisémites. Que les Sémites soient plus nombreux parmi les Arabes que parmi les Juifs est un détail. Pour se justifier de tout, s’il le faut vraiment, il y a toujours un joker à jouer que les autres n’ont pas, et il s’appelle l’Holocauste.
  3. Israël est vertueux mais subit la haine des méchants, de l’ONU à l’UE, des pays arabes jusqu’aux USA et doit s’appuyer sur lui-même et gagner malgré tout bien qu’il soit “encerclé”. Et pour cela, il “s’indigne” si il est condamné par l’opinion publique et les institutions de presque tout le monde.

Je n’ai pas l’intention ici d’aborder ce qui se passe à Gaza, ni de me perdre dans le bipartisme imbécile qui pousse à soutenir soit le Hamas soit Tsahal. Aucune circonstance atténuante pour les fondamentalistes religieux, d’ailleurs mis en place à l’époque par Tel Aviv elle-même. Des gens qui non seulement ont instrumentalisé la cause palestinienne avec un fanatisme abstrait et internationaliste, mais qui n’ont pas hésité à envoyer leur population à l’abattoir, se cachant derrière les lignes, tout comme les partisans de la via Rasella *

Ensemble, le Hamas et Tel Aviv, avec la complicité de presque tous les gouvernements arabes et moyen-orientaux, ont écrasé et sont en train d’anéantir la Palestine.

Ce qui je considère intéressant à relever, c’est que tout ce que disent les Israéliens pour couvrir leur massacre impérialiste est identique et superposable aux schémas de certains autres : les Russes et les Américains.

Les Américains agissent toujours pour quelque chose qu’ils doivent venger vis-à-vis d’un “État voyou” ou d’un “Ennemi dans l’ombre”. Des coulages du Maine et du Lusitania, en passant par Pearl Harbour et les Twin Towers, il y a toujours eu un 7 octobre à cause duquel “rien ne sera plus jamais pareil” et tout sera désormais justifié.

Le napalm, les bombes atomiques, Dresde, Hambourg, Hiroshima, Nagasaki, environ un million de soldats prisonniers morts dans les camps de prisonniers, et ainsi de suite jusqu’à Guantanamo, tout ça, ce sont des “excès” compréhensibles et acceptables en raison du “7 octobre” du moment.

Il en va de même pour les Russes. Les dizaines de millions de personnes qu’ils ont systématiquement éliminées depuis 1917 ne comptent pour rien parce que tout commence en 1941 avec “l’agression” de l’Axe qui menaçait un peuple si “pacifique” qu’il venait d’envahir la moitié de la Pologne et avait été héroïquement stoppé par les Finlandais dans leur propre pays .

Nous ne nous attarderons pas ici sur les dessous de l’opération Barbarossa qui montrent comment les Allemands ont réagi à une trahison des accords déjà consommée et visant à paralyser leur machine de guerre. La troisième trahison russe envers les Européens en un siècle et demi, suivie par la plus récente en 2022.

Comme alors, aujourd’hui avec la question ukrainienne. Années et années de vexations effacées; le génocide de l’Holodomor (sept millions et demi d’Ukrainiens !); les incursions de soldats russes sans insignes [les “Petits hommes verts”, NdT] pour créer les “insurrections”; le chiffre total des victimes de la guerre dans le Donbass accaparé, y compris les près de six mille loyalistes sur les treize mille au total. Un “7 octobre” local a été proclamé avec le “massacre d’Odessa”, niant les conclusions de deux commissions internationales et les preuves de qui avait réellement attaqué, oubliant comment l’incendie s’est produit, et omettant le fait que le responsable de la non-intervention des forces de sécurité s’est réfugié justement chez les Russes. En utilisant même de faux témoins survivants (un classique de la Loubianka), ils ont fait de l’impérialisme en Ukraine une cause sacrée. Et ce 2 mai 2014, dénaturé, bouleversé, renversé et raconté avec une langue fourchue, est devenu la date d’origine de tout. Tout ce qui l’a précédé n’existe pas : comme le 7 octobre, en effet. Que comptent des dizaines de millions de morts par rapport à leur narration d’Odessa ?

Toute réaction à la voracité russe est constamment marquée par Moscou comme une infamie, comme un complot de méchants qui veulent détruire la pauvre Russie, qui est continuellement présentée comme menacée dans son intégrité territoriale. Où donc ? Dans les territoires d’autrui occupés par la force !

Quelle différence avec Tel Aviv ? Et quelle différence avec Washington ?

On pourrait être tenté de dire que c’est ainsi pour tout le monde, que cela fait partie de la logique de tout impérialisme et qu’il n’y a donc pas de quoi s’étonner. Mais ce n’est pas vrai.

Si nous pensons à la Seconde Guerre mondiale, ce style de comportement était russe et américain. Ce n’était ni allemand ni japonais. Ce n’était certainement pas italien, mais pas non plus français ou anglais.

Il n’y a aucune trace de cela pendant l’empire espagnol ou britannique, ni dans les colonialismes portugais, néerlandais, français, belge ou italien.

Les Anglais, qui n’ont certes jamais été tendres, n’ont jamais eu recours à ce système d’empoisonnement des âmes et des esprits.
Ils n’ont pas joué les victimes et se sont essentiellement abstenus de la propagande auto-angélique, ennuyeuse et ignoble.
Ils n’ont jamais eu besoin d’un Pearl Harbor, d’une Odessa, d’un 7 octobre.

Ils se moquaient bien de paraître sévères mais justes, il leur suffisait d’être sévères.
“Right or wrong is my country”. Ils ne se sont jamais efforcés d’être présentables dans les assemblées hypocrites et vulgaires de la plèbe déséquilibrée.

Parce qu’au fond, ils maintenaient un héritage guerrier et noble.
Mais les Russes, les Américains et les Israéliens non.

« Je sers, tu sers, nous servons, » — ainsi psalmodie, là aussi, l’hypocrisie des dominants, — et malheur ! quand le premier maître n’est que le premier serviteur !» (Ainsi parlait Zarathoustra).

Dans mon “Nuovo Ordine Mondiale tra imperialismo e Impero”, publié en 2002 par Barbarossa, j’avançais aussi la thèse que la modernité post-romaine avait inclus une propre régression des castes et que l’ère du Mondialisme, imposée avec Yalta, est celle des Parias.

L’ère du post-servilisme, au-delà même de la citation de Nietzsche.

Peut-être s’agit-il de cela et non seulement de l’impunité des puissants, non seulement des logiques de l’impérialisme, car elles n’ont jamais été celles-ci dans le passé.

La puissance et la prépotence n’ont pas besoin de victimisation et de travestissement de la réalité, invoqués et confectionnés pour ne pas payer publiquement le prix. Mais ceux-ci en ressentent le besoin, voire ne peuvent pas s’en passer, car du magma chaotique, de l’obscurité chtonienne qui les a engendrés, ils sont les champions et donc ils ne peuvent littéralement pas assumer une dignité aristocratique.

Il y a un dicton espagnol qui dit « Il n’y a pas de pire tyran qu’un esclave avec un fouet à la main ».

C’est probablement de cela qu’il s’agit aujourd’hui. Au-delà des nuances dues aux différents niveaux de grossièreté, qu’il s’agisse de Moscou, de Washington ou de Tel Aviv, nous sommes aux prises avec la tyrannie honteuse, effrontée, mensongère, hypocrite, impitoyable, de serviteurs qui se font despotes.

Écœurant !

  • Le 23 mars 1943, via Rasella, à Rome, une cellule de partisans communistes massacra des soldats allemands de subsistance avec une bombe déclenchée à distance. Cela a conduit aux représailles du lendemain où 335 personnes ont été exécutées. Le but de ces « héros » était justement de provoquer des représailles.
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